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CHRISTINE AND THE QUEENS : L'INTERVIEW

 

L’impressionnant spectacle de Christine and The Queens à l’EMB jeudi 9 octobre, nous aura presque laissés sans voix. Heureusement, l’envie de lui poser quelques questions s’est faite plus forte, et c’est ainsi que l’EMB s’est retrouvé face à Christine, les paillettes encore au coin de l’œil. Une image scintillante rappelant les mots marquants qu’elle a prononcés sur scène, « Je suis un jeune homme qui veut être une pop star. Tu peux être ce que tu veux ce soir aussi Sannois ! C’est la house of Christine ». 

 

 

La première question qui me vient, après avoir vu ce live impressionnant, c’est : qu’est-ce qui te tient ? Qu’est-ce qui comble aujourd’hui, cette frustration que tu disais ressentir avant de commencer en tant que chanteuse ?

 

J’ai toujours voulu faire de la scène, ça, je le savais. Et c’est vrai qu’avant de faire ce projet musical, j’étais très frustrée. Je faisais du théâtre mais je n’étais pas à ma place dans un versant que théâtral. Et maintenant, ce qui me tient en fait, je crois que c’est l’idée de se dépasser physiquement.

Le chant est arrivé aussi d’une manière très imprévue. Quand je me suis mise à chanter, je me suis dit que je n’allais plus arriver à faire sans parce que c’était une manière de réconcilier tout ce que je faisais, l’écriture, la scène, le théâtre, la danse aussi. C’est un peu con, mais j’ai trouvé ma voix en même temps que j’ai trouvé ma voix écrite. Je n’avais jamais pensé à être chanteuse, je ne me pensais pas du tout musicienne. Donc ce qui me tient en fait, c’est l’idée de me transformer sur scène physiquement mais en passant aussi par le chant.

 

 

A propos de la scène justement. Ton spectacle est un peu physique, tu parles d’ailleurs du live comme une sorte d’exercice d’athlétisme. Est-ce que tu as une préparation particulière ?

 

J’ai des petits échauffements. Mais beaucoup moins que mes camarades danseurs. Mais d’une certaine manière, je vais être obligée d’en avoir une petite parce que je vais découvrir la tournée qui est physiquement éprouvante. Donc j’assume de m’échauffer, d’utiliser la voix comme un muscle. Avec des échauffements vocaux, que j’aime pas faire parce que ça fait vraiment diva, mais qui sont importants. C’est vrai aussi que ton corps s’habitue. C’était plus rude quand j’ai commencé à plus danser qu’avant.

 

 

Il me semble que tu es déjà venue à l’EMB, en octobre 2012 pour faire quelques répétitions. Qu’est-ce que tu penses de cette salle ? Est-ce que tu te souviens du feeling que tu avais à l’époque par rapport à celui que tu as aujourd’hui ?

 

Ce qui est marrant, c’est qu’effectivement, je suis déjà venue pour une courte résidence  donc sans public, donc je n’ai pas eu ce rapport aux gens que j’ai découvert ce soir et que je trouve super parce que très charnel, très direct…

 

 

Surtout que c’était complet…

 

Ah ouai ! Je m’en rendais compte… Mais oui, ce qui est super, c’est qu’il y a un rapport d’immédiateté et de proximité avec les gens donc la différence entre 2012 et maintenant, c’est… que j’ai fait un concert. J’étais ici pour faire un show alors qu’en 2012, je n’en étais pas du tout au même stade. C’était le début, j’étais seule. Aussi, maintenant, les gens viennent me voir, je suis attendue et c’est beaucoup plus émouvant.

 

 

 

 

 

 

Les éloges s’accumulent à ton sujet, ce qui doit amener une certaine assurance dans ce que tu fais. Je voulais savoir quand même, si Christine avait des doutes, des moments de stress ?

 

Ah oui oui, il y a une énorme part de doute ! Après ça ne se voit pas forcement quand je suis scène. Je suis quelqu’un de très très angoissé et la scène est un exutoire, c’est justement le moment où je peux profiter et où je me sens bien.

Je trouve que c’est super tout ce qui arrive, mais – bon je vais pas faire la torturée de service – mais, je suis quelqu’un qui doute beaucoup, qui dans la vie quotidienne, est très mélancolique. Faire des chansons et faire ce projet, ça me permet justement de garder la tête hors de l’eau, d’être plus généreuse, disponible. J’utilise aussi l’Art comme solution. C’est parce que je suis anxieuse que je me réfugie dans la chanson, sinon je ferais peut-être un autre métier. Je pense que pour monter sur scène, il faut quand même avoir une faille, où un truc à régler. C’est pour ça qu’il y a autant de biopics sur les chanteurs hyper torturés…

C’est super d’avoir plein d’éloges mais moi ce qui me fait peur, c’est que je sais qu’aujourd’hui les choses ne durent pas et se périment vite. Plus on s’enflamme pour quelqu’un, plus je me dis, est-ce que ça veut pas dire aussi que plus vite on jette ? Donc ça aura tendance à m’angoisser aussi. J’espère que c’est pas qu’un « one shot » et que je vais résister au « on aime et on oublie ». Mais c’est super ce qui se passe, je ne vais pas cracher dessus.

 

 

Tu as une trentaine de dates qui t’attendent, je pense que tu peux te rassurer pour l’instant.

 

Oui ! Et puis même ce soir, les gens étaient supers. Les gens sont vraiment sympas. Je dis ça, en tant qu’ex première partie face à qui les gens s’en foutaient un peu plus. Mais je m’en remets pas, parce que les gens sont cools.

 

 

D’ailleurs un mot sur la première partie de ce soir, Thylacine ?

 

 

Oui. J’étais en loge,donc oui, on s’ambiançait un peu avec lui. Je l’ai pas vu du coup mais j’ai bien aimé le saxo. Il a fait des résidences à l’EMB lui aussi ?

 

 

Non non. Mais il est plutôt connu dans la sphère électro.

 

D’accord. Oui c’était plutôt cool. Je me suis même dit à un moment « dis donc, ça met plus l’ambiance que moi ».

 

 

Interview réalisée par Juliette Savard

 

 

ajouté par La Com'

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