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Les amateurs de vinyles privilégient l’occasion, les plus jeunes achètent du neuf

mer, 07/20/2016 - 16:08

58 % des acheteurs de vinyles jettent leur dévolu sur le marché de l’occasion, qui passe sous les radars de l’industrie musicale. C’est ce que révèle une enquête américaine, qui enseigne que les plus jeunes représentent le plus gros contingent d’acheteurs de vinyles neufs.

L’amateur de vinyle passe souvent pour un audiophile accro à la couleur et à la chaleur du son analogique. C’est aussi, et surtout, un collectionneur dans l’âme, plus souvent à la recherche de pépites d’occasion dans les bacs que de nouveautés. Ainsi, 58 % des acheteurs de vinyles, selon le cabinet d’études MusicWatch, qui a mené son enquête auprès de 4800 américains âgés de 13 ans et plus, n’achètent que des vinyles d’occasion. Ils sont 32 % à n’acheter que des vinyles neufs, et 11 % dont les choix portent à la fois sur du neuf et de l’occasion.

Les consommateurs américains sont 3,1 millions à acheter des vinyles neufs chaque mois, estime MusicWatch, contre 5 millions à acheter des vinyles d’occasion. La propension à acheter du neuf est plus forte chez les jeunes générations (34 % des acheteurs de neuf ont moins de 24 ans) que chez les baby boomers (5 % ont plus de 55 ans). Aux deux extrémités de la pyramide des âges, les plus jeunes et les plus âgés sont les plus gros contingents d’amateurs de son analogique, et pèsent ensemble 50 % des auditeurs de vinyles.

Un quart de ceux qui écoutent des vinyles aux États-Unis a moins de 24 ans, selon MusicWatch ; un quart a plus de 55 ans. Ces derniers, qui ne pèsent que 5 % des acheteurs de neuf et 13 % des acheteurs d’occasion, semblent privilégier l’écoute des vieux LP qu’ils possèdent déjà. Les 25 – 34 ans sont les plus nombreux à acheter de l’occasion (32 % des acheteurs de vieux vinyles). Les moins de 35 ans représentent 44% des auditeurs et 60 % des acheteurs, de neuf comme d’occasion.

Le marché du vinyle reste l’un des moins bien documentés. Les ventes de vinyles d’occasion, qui représentent à n’en pas douter les plus gros volumes, passent en effet sous les radars de la RIAA aux États-Unis, de la BPI au Royaume Uni, ou du SNEP en France. En 2015, il s’est vendu près de 17 millions de vinyles neufs aux États-Unis, soit une hausse de 28 % en volume sur un an et de 32 % en valeur. Impossible de savoir, cependant, combien il s’est vendu de vinyles d’occasion, et si ce second marché est en croissance. Il faut dire que l’information n’intéresse pas beaucoup l’industrie musicale, qui n’en tire aucun revenu.

Indéniablement, et c’est plutôt bon signe pour l’avenir du vinyle, la croissance du marché du neuf est portée par les plus jeunes, et ce bien que les 13 – 24 ans, qui représentent un bon tiers des acheteurs déclarés, ne pèsent qu’un quart de la population, et à peine 21 % des consommateurs de musique enregistrée aux Etats-Unis, tout modes et formats confondus (CD, téléchargement, streaming, mais aussi P2P et streamripping). C’est ce qu’enseigne une autre enquête de MusicWatch réalisée pour la RIAA il y a quelques mois, qui faisait étonnamment l’impasse sur le vinyle. L’oubli a semble t-il été réparé.

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Dubset, premier agrégateur de remixes, déboule dans le jeu de quilles de la musique en ligne

jeu, 07/14/2016 - 16:29

Forte d’une technologie qui lui permet d’identifier les extraits de musique utilisées dans les remixes postés par des DJ sur sa plateforme, la compagnie américaine Dubset Media les soumet à un clearing automatisé des droits, avant de les distribuer, en tant qu’agrégateur, auprès des services de musique en ligne. Apple Music et Spotify ont déjà signé.

Les géants du streaming semblent s’empresser autour d’un nouvel acteur émergent dans le jeu de quilles de la musique en ligne : Dubset Media, opérateur de la plateforme Mixbank, qui permet aux DJ de soumettre leurs mixes et remixes à son système de clearing des droits, et de les distribuer ensuite légalement sur les plateformes de musique en ligne, comme le ferait n’importe quel agrégateur indépendant. Apple Music et Spotify viennent de signer un accord avec la compagnie, qui va leur permettre d’alimenter leur catalogue en œuvres composites dont les droits ont été “libérés”.

En amont, Dubset Media passe des accords avec les ayant droit, comme la National Music Publishers Association (NMPA) aux Etats-Unis, qui représente les éditeurs de musique indépendants, ou les majors du disque, avec lesquelles la compagnie négocie actuellement. Son principal actif est une technologie qu’elle a mis plusieurs années à développer, baptisée opportunément MixScan : elle permet d’identifier les musiques du commerce exploitées dans les mixes et remixes postés par les DJs sur sa plateforme. Aux ayant droit, Dubset Media permet de détecter et de tracer l’utilisation des musiques de leur catalogue dans les œuvres composites, et de fixer leurs règles d’utilisation par les DJs. Aux DJs, elle permet de mettre leurs remixes en conformité avec les copyrights qu’ils exploitent – une trentaine par remix en moyenne – et de les mettre légalement à disposition du public sur les plateformes de musique en ligne.

En bout de chaîne, les DJs, comme les ayant droit des œuvres utilisées, qui peuvent être plusieurs dizaines par remix, perçoivent une rémunération proportionnelle. Les plateformes de streaming y gagnent un nouvel interlocuteur, qui leur fournit un catalogue de remixes dûment licenciés et exploitables, et leur permet de venir marcher à peu de frais sur les plates-bandes de Soundcloud. “Dubset est une plateforme de gestion des droits et de distribution qui permet la clarification des droits et la distribution légale de mixes et de remixes, résume son PDG Stephan White. Notre objectif est de jouer un rôle d’interface avec les ayant droit et de créer une place de marché qui les met en relation avec les distributeurs et les créateurs. Nous faisons disparaître les frictions et les barrières qui existent aujourd’hui en matière de licence et de distribution. Nous facilitons vraiment, pour les artistes qui veulent distribuer des mixes, spécifiquement pour les DJ, de le faire sur des bases claires et solides”.

Surfer sur la vague des EDM

Les géants du streaming semblent soudain réaliser l’énorme potentiel de la musique électronique (EDM, pour Electronic & Dance Music), principale composante des catalogues d’UGC, dans la nouvelle économie de la musique en ligne. Alors que sa part du marché des singles (4,2 %) a légèrement baissé l’an dernier aux Etats-Unis, et que ses ventes globales d’albums sont passées sous la barre de 2 % des volumes depuis deux ans, selon Nielsen, l’EDM a pesé 15 milliards de streams en 2015, soit une hausse de 33 % sur un an, supérieure à celle enregistrée par les autres genres de musique.

Au royaume Uni, la British Phonographic Industry (BPI) et Offical Charts Company font le même constat. L’EDM est le genre musical qui a connu le plus fort taux de croissance du nombre de streams en 2015 (107 %). Les artistes d’EDM squattent d’ailleurs le top des écoutes sur les grandes plateformes de streaming, avec des “licornes” comme David Guetta ou Kygo qui ont franchi allègrement la barre du milliard de streams sur Spotify.

La part de marché de l’EDM dans le streaming n’est que de 5 % des écoutes aux Etats-Unis, loin derrière le R&B et le hip-hop (21 %), le rock (18 %) ou la pop (15 %). Mais ces statistiques ne portent que sur les catalogues officiels des labels et maisons de disques. Des millions d’UGC postés par des DJs amateurs et professionnels sur les plateformes d’hébergement passent sous le radar de cette comptabilité. Selon Dubset Media, le système de distribution de musique traditionnel réalise 20 000 nouveaux titres par jour, contre 300 000 mixes et remixes qui empruntent des canaux alternatifs au quotidien.

1,2 milliard de dollars

50 000 mixes et remixes ayant fait l’objet d’un clearing des droits sont déjà indexés dans la base de données de Dubset Media et mis à disposition sur son propre site de streaming, TheFuture.fm. 250 000 autres attendent d’être passés au Mixscan. Toutes ces musiques composites peuvent potentiellement générer 1,2 milliard de dollars de revenus supplémentaires par an pour l’industrie musicale sur Internet, affirme son directeur opérationnel, Bob Barbiere, au Wall Street Journal. Le développement du streaming, principal levier de croissance de l’industrie musicale aujourd’hui, favorise globalement les EDM sur le plan démographique. Aux Etats-Unis, il a pesé 54 % de leurs revenus l’an dernier, selon Nielsen.

Des clubs et des festivals de musique électronique se lancent un peu partout dans le monde, sur des marchés émergents à forte croissance, en Amérique latine, en Chine, au Vietnam, aux Philippines, à Cuba. Le marché américain est parvenu à maturité après des années de très forte croissance, et s’inscrit désormais dans une économie durable à une très grande échelle. Les plateformes de streaming musical comme Apple Music ou Spotify espèrent bien, avec l’aide de Dubset Media, surfer sur cette vague planétaire, et conquérir grâce à elle de nouveaux abonnés – tout en se gardant, sur ce terrain, de laisser le champ libre à Soundcloud, qui vient de lancer sa propre formule d’abonnement Soundcloud Go“Ces dernières années, les DJ et producteurs de musique électronique sont devenus les icônes les plus influentes de la culture pop. Ce qu’ils produisent est plus populaire que jamais, avec plus de 650 millions de consommateurs d’UGC dans le monde”, rappelle Dubset Media sur son site.

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Nouveau format d’écoute et de prescription, la playlist redonne vie aux catalogues

mer, 07/06/2016 - 09:01

La playlist s’impose peu à peu comme nouveau format d’écoute et de prescription, et contribue à donner une seconde vie à des fonds de catalogue de musique pléthoriques, qui se sont avérés bien plus résistants à la crise du disque que les nouveautés. Les maisons de disques l’ont bien compris, qui disposent parfois de leur propre agrégateur de playlists. Leur objectif : optimiser la monétisation de tous les albums parus depuis des décennies sur les plateformes de streaming.

Des millions de titres qui ne sont écoutés que quelques fois se transforment, pour les détenteurs de fonds de catalogues de musique enregistrée, en millions d’écoutes rétribuées par les plateformes de streaming. De quoi booster le résultat opérationnel des grandes maisons de disques et redonner une nouvelle vitalité à leur back catalogue, qui englobe tous les albums sortis il y a plus de 18 mois, et regorge de pépites réalisées il y a dix, vingt, trente ans ou plus. A l’heure du numérique, ce patrimoine, qui a vu sa protection rallongée de cinquante ans à soixante-dix ans en Europe, vaut de l’or. Et pas seulement grâce aux effets de longue traîne.

Les vieux disques font de la résistance

Entre 2005 et 2015, la baisse des ventes d’albums de back catalogue en volume a été moindre aux Etats-Unis (- 46.6 %) que pour les nouveautés (- 69,5 %), selon Nielsen. A tel point que pour la première fois en 2015, les ventes de oldies ont surpassé celles de nouveautés. Il ne s’est vendu que 50 000 exemplaires du vieux Dark Side of the Moon des Pink Floyd l’an dernier aux Etats-Unis, mais il s’en est écoulé presque autant des albums Abbey Road des Beatles ou Kind of Blue de Miles Davis. Agrégés, et tout formats confondus, ce sont près de 130 millions d’albums de back catalogue qui se sont vendus en 2015 sur le premier marché mondial de la musique, contre un peu moins de 120 millions pour les nouveautés.

Dès 2003, avec le lancement d’iTunes par Apple, le numérique a offert une nouvelle fenêtre d’exposition à des fonds de catalogue de musique enregistrée pléthoriques, qui pouvaient de nouveau être mis à disposition du public et exploités sans investissement supplémentaire ou presque. L’appétence des jeunes générations en quête de “nouveaux sons” pour toutes les musiques, y compris celle des générations antérieures, a favorisé cette montée en puissance du back catalogue, dont certains nouveaux acteurs du marché, à l’instar du suédois X5 Music, ont eu très tôt la pré-science.

Label 100 % numérique créé en 2003, qui édite des compilations thématiques et manie la SEO (Search engine optimization) comme son premier hochet, la compagnie s’est hissée dès 2011 sur le podium des labels ayant vendu le plus de musique classique en téléchargement dans le monde, aux côtés d’Universal Music. X5 Music rachète ou licencie des catalogues de masters pour éditer des compilations qui caracolent en tête du classement des ventes sur Amazon ou iTunes. Avec des titres comme “The 99 Most Essential Classical Music In Movies” ou “Classical Music For Meditation And Yoga”, et grâce à l’achat de mots-clés pour les promouvoir sur les moteurs de recherche, le label est parvenu à toucher un large public, pas forcément très versé dans la musique classique au départ.

Playlisting et SEO

Après un premier deal signé avec le légendaire label américain Sun Records, X5 Music a vendu son modèle de SEO musical aux labels et multiplié les partenariats, avec Alligator Records, Cooking Vinyl, mais aussi des majors du disque, comme EMI ou Universal Music. Son catalogue, de 400 000 masters et 11 000 compilations aujourd’hui, s’est élargi au jazz, au rock, au folk, au blues, à la country, à la pop. Des « Early Years » de Roy Orbisson aux « #1 Hits » d’Elvis Presley, en passant par « The Very Best » de Stan Getz, « 75 Year Anniversary » de Gene Vincent ou « The Complete B » de Billie Hollidays, X5 Music fait son marché dans les “vieilleries” de fond de catalogue. Le modèle de la compilation n’est pas nouveau, “mais la manière dont la compagnie l’a adapté au marché numérique la distingue”, écrit le magazine américain Variety.

Vendues à prix cassés, ce qu’autorise un modèle n’induisant aucun coût de fabrication ou de distribution, les compilations de X5 Music voient souvent leur prix grimper de quelques dollars une fois qu’elles ont atteint la tête des charts. Et ça marche ! Alors qu’elle lui a coûté 150 dollars à produire, la compilation ““The 50 Most Essential Pieces of Classical Music” lui a rapporté 3,4 millions de dollars. Le label suédois a créé une joint-venture avec Universal Music, U5, qui reproduit la même stratégie de vente et de promotion. “En parcourant les charts il y a quelques années, nous nous sommes demandé : mais qui sont ces gens ? Leur modèle est disruptif, aussi nous avons décidé de nous associer avec eux et d’innover plutôt que de les combattre”, confiait au New York Times un cadre de la maison de disques à l’époque.

Warner Music Group est allé encore plus loin qu’Universal Music en début d’année en se portant acquéreur de X5 Music. La plus petite des trois majors avait déjà fait l’acquisition de l’agrégateur de playlists Playlits.net fin 2014 (175 000 playlists thématiques ou par genre à écouter sur les plateformes de streaming). “[L'équipe de X5 Music] a une capacité impressionnante à faire de la prescription sur des genres de musique spécifiques et à créer [...] des playlists attrayantes et accessibles”, a déclaré Tim Fraser-Harding, en charge du catalogue chez Warner Music.

Nouveau métier

Universal Music avait déjà lancé son propre agrégateur de playlists Spotify, Digster, à l’été 2011. Début 2016, Sony Music recrutait un directeur de la Stratégie globale de playlisting, un nouveau métier à part entière dans l’industrie musicale. L’objectif, pour les majors de la musique, est d’optimiser la monétisation de leurs fonds de catalogue sur les plateformes de streaming. Une stratégie qui paye. Nouveau format d’écoute, mais également nouveau format de prescription et d’édition phonographique à destination du marché numérique, la playlist redonne vie à tout le patrimoine musical enregistré.

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Industrie musicale et Brexit : quelles conséquences ?

mer, 06/22/2016 - 13:12

Cet article a été repris et adapté à partir de l’article publié sur Pitchfork “The UK leaving the EU would change the european music industry”

 Le Royaume-Uni décidera de son sort ce jeudi 23 juin : rester ou non au sein de l’Union Européenne. Ce référendum est l’une des promesses phares du premier ministre David Cameron suite aux élections générales de 2015, proposée pour empêcher l’extrême droite de son parti conservateur de glisser vers le parti eurosceptique UKIP.  David Cameron appelle la population à voter contre le Brexit, mais les sondages quotidiens montrent que l’opinion est très mitigée. Le Royaume-Uni s’aventure peut-être vers une sortie de l’U.E. – plus connue sous le nom de “Brexit” – bien que personne ne soit en mesure d’expliquer ce qui se cache derrière cette importante décision…

Jusqu’ici, la musique n’a joué qu’un rôle mineur dans la campagne du référendum. Toutefois, les résultats de l’industrie musicale du Royaume-Uni ont dépassé les autres secteurs de l’économie britannique de 5% l’année dernière, il serait donc légitime que les acteurs de ce secteur aient leur mot à dire dans ce débat. Le porte-parole de la British Phonographic Industry (BPI) a d’ailleurs insisté sur l’importance de l’Union Européenne et de l’Europe pour la musique enregistrée au Royaume-Uni, ainsi que pour le secteur musical en général, vu l’importance de la musique live et des tournées.

L’année dernière, les artistes britanniques représentaient 17% des ventes d’albums dans les 6 principaux marchés Européens après le Royaume-Uni – l’Allemagne, la France, la Suède, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas –  où ils ont perçu presque un tiers des revenus. La BPI a précisé que ces résultats issu du marché européen ressemblent à ceux du marché américain, à l’exception près que les ventes physiques – qui génèrent de plus grandes royalties pour les artistes et les labels – tendent à être plus importantes en Europe.

Pitchfork a fait appel à plusieurs experts de l’industrie musicale pour améliorer la compréhension et l’impact d’un potentiel Brexit sur le commerce, la libre circulation des biens et des personnes ainsi que les réseaux de soutien internationaux – en bref, chaque aspect de l’industrie.

 

 

La musique Live

Si la Grande-Bretagne quitte l’Union Européenne, celle-ci pourrait priver ses citoyens de circuler librement dans l’espace européen. Cela pourrait impliquer deux conséquences,  chères et complexes, pour les groupes en tournée. D’une part, le besoin de visas individuels pour entrer dans chaque pays du territoire européen, d’autre part l’introduction du carnet, un document qui détaille jusqu’au plus petit élément l’équipement présent à bord, pour empêcher l’import et l’export de produits sans payer de TVA. Cela coûte entre 1300 et 2600 euros et ne dure que 12 mois.

Et encore, il faut obtenir le visa du premier coup. Isla Angus, booking agent, précise qu’une telle situation serait “hautement néfaste pour le développement d’artistes” et réduirait ainsi la marge de risque pris par les promoteurs pour les nouveaux artistes. Colin Roberts, manager de Bloc Party (Big Life Management) estime qu’obtenir un visa est “un véritable champ de mine, et que cela coûte beaucoup d’argent. C’est la raison pour laquelle peu d’artistes tournent aux États-Unis. Même au Japon, où il est facile d’obtenir un visa, le coût et le temps que cela prend rendent le tout difficile. Une grande partie des fond de la PRS (Performing Rights Society) est dédiée au soutien financier d’artistes souhaitant tourner en Amérique. Arriverons-nous au point où il faudra créer un fond d’aide aux artistes qui veulent aller en Europe ? La Grande-Bretagne est un marché important pour la musique. Sortir de l’U.E.compliquerait la vie aux artistes britanniques mais pas seulement : les petits artistes indépendants seraient encore plus en difficulté et on passerait à côté d’artistes passionnants qui ne pourraient pas se rendre au Royaume-Uni.”

 

 

Maisons de disques et problèmes de Copyright

Selon un récent sondage de la BPI, 68% des maisons de disques britanniques qui ont participé au sondage souhaitent que le Royaume-uni reste dans l’Union Européenne. “La musique britannique représente un quart du marché de la musique  enregistrée en Europe” déclare Geoff Taylor (Directeur de la BPI). “Ce succès contribue à la création d’emploi au Royaume-Uni et nourrit de hauts niveaux d’investissements pour la musique de la part des labels britanniques.” Les membres de la BPI appartenant à des labels sont également soucieux de conserver leur influence sur la musique qu’ils créent : 90% estiment qu’il est important de rester impliqué dans les discussions relatives à la proposition de nouvelles règles paneuropéennes sur le  copyright.

  • 47% des sondés ont indiqué qu’au moins un quart ou plus des revenus qu’ils perçoivent en dehors du Royaume-Uni proviennent de l’Union Européenne. Pour 18% d’entre eux, les revenus perçus en direction de l’U.E. représentent 75% de leurs revenus.

  • 59% pensent que quitter l’Union Européenne pourrait compliquer la promotion d’artistes en Europe.

  • 56% des interrogés jugent qu’une sortie de l’U.E. aura des conséquences négatives sur les fans.

La production et la vente de musique physique

Le comptable Chris Panayi admet être assez vieux pour se rappeler de l’époque précédant l’Union Européenne, avant que la Grande Bretagne ne rejoigne le marché unique – devenu par la suite l’Union Européenne. A cette époque, il y avait des tarifs. Si vous achetiez un album en Allemagne pour le ramener chez vous, vous deviez le déclarer et payer une taxe. Il confie : “Nous faisons des hypothèses sur ce qui pourrait arriver si nous quittions l’U.E., mais je suis persuadé qu’une forme de droit de douane serait appliquée à l’import et l’export de marchandise. Étant donné que la majorité des vinyles que l’on achète sont fabriqués dans des usines du territoire européen, les coûts pourraient augmenter à la fois en terme de production et de vente.

Le soutien financier de l’Europe pour l’art

La couverture médiatique du soutien financier européen véhicule lui donne une mauvaise image, notamment sur les procédés administratifs à subir pour y accéder. Pourtant il existe d’innombrables programmes européens bénéfiques à l’industrie musicale, que la Grande Bretagne s’évertue à conserver.  En 2012, les candidatures issues du Royaume-Uni ont reçu 46% de réponses positives – le double du taux de réussite moyen, qui avoisine les 24%. Si le Royaume-Uni quitte l’U.E., il est tout à fait probable que ce soutien financier ne soit plus disponible. Les bénéfices de ce soutien sont vastes, avec une large portée, souvent peu flagrante aux yeux du public.

De nombreux médias se sont interrogés sur la question du Brexit et proposent plusieurs pistes de réflexion pour mieux comprendre les enjeux de ce référendum.  DBTH vous propose d’approfondir le sujet avec ces articles issus de médias anglophones. Bonne lecture !

Retrouvez l’article original sur Pitchfork ici.

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Inscrivez-vous au Prix RFI Découvertes !

lun, 06/13/2016 - 13:48

Vous avez jusqu’au 1er Juillet 2016 pour vous inscrire au Prix RFI Découvertes !

Le Prix RFI Découvertes se consacre à la révélation de nouveaux talents musicaux du continent africain. A la clé : 10 000 euros de gain ainsi qu’une tournée en Afrique et un concert à Paris ! Les partenaires sont nombreux et prestigieux : Sacem, L’Institut Français, l’Organisation Internationale de la Francophonie et l’UNESCO.

De grands noms de la musique ont été récompensés dans les éditions précédentes : Tiken Jah Fakoly, Rokia Traoré, Didier Awadi, Amadou et Mariam… Par ailleurs, le jury est composé chaque année de professionnels et présidé d’une personnalité : Jacob Desvarieux, Youssou N’Dour, Angélique Kidjo, Passi, Richard Bona, Asalfo pour ne citer qu’eux.

Les conditions :

Vous êtes un artiste issu du continent africain et vous disposez d’une page personnelle en ligne de type site, YouTube, Reverbnation, Dailymotion, Vimeo ou Soundcloud qui contient au minimum quatre morceaux en écoute ainsi que quelques photos et vidéos. Alors, convaincu ?

Rendez-vous sur le site officiel du Prix Découvertes 2016 pour vous inscrire

 

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